Pourtant j'ai bien souffert et c'est pas fini.
Peu après le premier ravito, vers le 30ème km une douleur est apparue en bas de la jambe gauche, devant le tibia.
Pas trop d'inquiétude au début mais à la longue elle devenait lancinante. A partir du 50ème, les appuis forts sur le pied gauche devenaient autant de coups de poignards.
Mon objectif n'était plus que le franchissement des barrières horaires. 10' d'avance à l'avant dernier ravito, je n'ai pas trainé, j'avais peur de ne pas franchir la dernière barrière avec mon handicap.
Finalement je franchis la dernière barrière avec une marge de 20' mais une dernière montagne à franchir.
Je prends mon temps, je sais que je vais finir, ce n'est plus qu'une question d'heures ...
Après le fabuleux dernier ravito avec feu de bois et soupe dans une ferme en altitude, je repars pour le final.
Et là, mauvais surprise, les batteries de ma frontale sont vides. Pourtant seulement utilisées moins de 2 heures le matin, je ne sais toujours pas comment c'est arrivé.
Mais le fait est que ma lampe est en mode sécurité et je n'ai plus qu'un faisceau ridicule.
La descente hyper technique qui me reste va être un enfer mais restera un de mes plus beaux souvenirs de course. Je passe en mode "survivor" qui veut en finir, j'en oublie les terribles douleurs qui me prennent la jambe gauche et je dévale la pente comme je peux tout en cherchant le chemin. Je ne suis pas seul à manquer de lumière. La course a duré plus longtemps que toutes les prévisions et de nombreux coureurs se sont débarrassé de leur frontale pendant la journée. Ceux-là n'ont plus qu'à quémander un peu de lumière auprès des autres.
L'arrivée, au pied de la montagne est somptueuse, un grand moment d'émotion. J'en fait profiter ma femme en l'appelant à 1 km de l'arrivée et en tenant le téléphone à la main.
Je retrouve les copains. Sur 11, un seul n'a pas pu finir, victime d'une chute et d'une luxation.
Retour en voiture hier et urgences ce matin car ma cheville a doublé de volume. Finalement ce n'est qu'une tendinite. J'ai eu peur que ce soit plus grave.
Bilan de ma course : 14h05 pour faire 76,8 km (73 annoncés mais tout le monde a nettement plus)
Une place très quelconque que je ne connais pas dont je me fous éperdument
Un parcours vraiment fabuleux, une très jolie médaille. Par contre de superbes maillots Adidas marqués finisher mais hélas commandés avec des tailles fantaisistes.





