CR 24 heures du Téléthon Ploëren 2013

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liger atlantis
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CR 24 heures du Téléthon Ploëren 2013

Messagepar liger atlantis » dim. 15.12.2013 22:59

CR des 24 heures de Ploëren dans le cadre du Téléthon 2013.

Celui qui vient faire ces 24h ne doit pas s’attendre à faire un résultat officiel. Il doit venir en se disant qu’il courra les 24h et que s’il parvenait à battre son record, celui-ci ne compterait pas dans les bilans. Et bien ça, ça libère. Pas de pression donc au moment de déclencher mon chrono en même temps que le top départ de l’organisation.
J’avais prévu de faire cette course comme dernière mise au point avant les championnats de France de Portet sur Garonne qui se dérouleront le week-end du 6 avril 2014. Mon frère, Laurent, testait en conditions réelles le rôle ingrat d’accompagnateur-aux-petits-soins-de-son-coureur et je lui avais dit qu’il ne fallait pas hésiter à me « botter les fesses » en cas de ramollissement de mon envie. Ce rôle, il l’a particulièrement bien rempli même si durant plusieurs tours je passais devant lui qui était endormi dans son fauteuil, emmitouflé dans son manteau et dans le sac de couchage que je lui avais fourni.

Donc la course part, nous sommes environ une grosse centaine sur le double tour d’horloge et ça part vite. Même moi je pars vite, mais je navigue dans la seconde partie du classement. C’est habituel sur ce genre de course, les allures mettent du temps à se caler et beaucoup pensent que de tailler les bornes ça fera ça de moins à faire plus tard. Peut-être, mais pas sans risque. Le tour mesuré et vendu pour 1km tout rond ça permet de savoir à combien on court : j’étais à plus de 10km/h (moins de 6’/km) et je me sentais bien. Une petite bouteille de 33cl tous les trois ou quatre tours me suffisaient largement. Ma tenue de départ, cuissard, t-shirt à manches longues et coupe-vent léger – le tout d’une belle couleur orange vif – me faisaient repérer de loin. Après deux heures de course, suite à un petit bug informatique, l’organisation m’oublie un tour. Je réclame, mais en vain. Je vérifierai plus tard à la maison sur mon chrono avec lequel je prends tous mes temps au tour et je confirmerai qu’un tour m’a bien été enlevé. Mais tant pis, on fera sans ce km. Du coup je perds quelques places, mais le but n’est pas encore de faire une place, mais de rester le plus à l’aise possible. je tiens mon allure jusque vers 4h de course (38km « officiellement ») et je prévois alors de faire une pause d’ici peu. Une petite tachycardie comme j’en fais parfois va me faire anticiper ma pause et je vais en profiter pour me changer tout en mangeant quelque chose de plus consistant. J’avais dégusté la moitié d’un gâteau de riz au caramel juste avant le départ, après avoir englouti deux sandwiches type SNCF juste avant encore, alors je termine les 500g de riz qui passent encore bien à cette heure du goûter. Prochain gros arrêt prévu : vers 20h après 8h de course.
En attendant, le soleil disparaît peu à peu et le frais commence à remplacer la douceur de l’après-midi. Pour le moment, on a de la chance, les conditions météorologiques sont idéales. Mais de suer tout en ralentissant procure une sensation de froid pour peu qu’on n’avance plus assez vite pour se réchauffer.
Je passe le marathon en 4h25 environ et à la 6ème heure j’ai 53km au compteur « officiel », mon arrêt de plus de 20’ a fait baisser ma moyenne. L’ambiance est toujours aussi sympa, avec les autres coureurs on s’encourage à chaque croisement – on se croise à quatre endroits par tour – on s’encourage aussi quand on se double. Lors de chaque passage dans la salle les accompagnateurs et spectateurs nous encouragent aussi. L’ambiance est à la fête et ça va durer toute la course même si pendant la nuit ça va baisser en intensité, voisinage oblige.
Un peu plus tard, je refais une nouvelle petite tachycardie et me repose quelques temps, m’alimente, me rechange et repars une fois le moteur calmé. Du coup, je ne ferai que 45km pendant la deuxième portion de 6 heures. Au bout de 12h donc je n’en suis qu’à 98km alors que j’avais tablé sur un passage aux 100km après 11h30 de course et je souhaitais être aux alentours des 104km à la mi-temps.
Les coureurs des 12h sont venus gonfler le peloton et dès le début des « avions » nous dépassent. Il commence à faire froid, mais je n’en ressens pas beaucoup les effets ayant enfilé ma tenue spéciale « nuit froide ». Le givre commence à recouvrir les pare-brise des autos garées le long du circuit. Les projecteurs et autres réverbères nous montrent la route, jamais on n’est dans le noir. Malgré l’arrivée des coureurs du 12h, le nombre de coureurs présents sur le circuit a fortement baissé et je me retrouve souvent seul avec mon allure régulière.
Mentalement, je procède de la façon suivante en cette nuit où je ne ressens pas l’envie de dormir : je me fixe des interdictions, interdiction de m’arrêter avant la Xième heure, ou avant le Xième km, interdit de me ravitailler avant tel ou tel tour… Je passe la commande à mon frère et au tour suivant je prends la soupe chaude avec une assiettée de purée au jambon. Ce sont les seuls aliments qui passent. Finies les envies de barres chocolatées, de gâteaux secs et autres pâtisseries : ça ne passe plus. Même les boissons comme ma grenadine à l’eau ou le sirop de pamplemousse ne sont plus les bienvenus. Le coca est par contre bien assimilé. Je fais une nouvelle tachycardie, au total ça m'aura plombé presque 3/4 d'heure mais j'ai profité de ces temps d'arrêts forcés pour me changer et me ravitailler.

On se rapproche de la fin de la nuit, une grosse envie de dormir m’assaille et mon frère va me remettre sur pieds en m’encourageant à chaque tour. Je calcule ce qu’il m’est possible de faire et je vois que les 175km – objectif d’avant course – sont encore jouables. Les coureurs du 6h sont venus nous redonner du peps … certains m’encouragent quand ils me doublent ce qu’ils font très fréquemment car ils courent à plus de 11km/h et moi à 9 maxi. Peu à peu le circuit se rempli à nouveau des dormeurs de la nuit réveillés pour finir leur 24h.
Le jour tarde quand même à se lever, c’est long et je me fixe un nouveau challenge : les 180km. Pour cela, il ne faut pas qu’on m’oublie un tour. Pourtant, c’est un nouveau tour qui ne sera pas comptabilisé et ça va avoir pour conséquence de presque me faire jeter l’éponge. Mais je me suis rappelé ce pourquoi j’étais venu : réviser les France et la gestion mentale de ce genre de course. Fab pas craquer donc, Fab s’accrocher jusqu’au bout ! Non mais !
Les dernières heures sont interminables, j’entends le speaker annoncer le passage au-delà des 200 des coureurs de tête : Stéphane Héloir puis Christian Efflam et dans la dernière heure 5 autres coureurs vont franchir cette marque.
Je me renseigne une dernière fois afin de savoir si je suis encore bon pour les 180 et je m’accroche. Je les fais et m’arrête comme tous les autres coureurs juste avant le dernier passage sur la ligne. On la franchira tous ensemble.
Au général, j’ai la surprise de constater que je suis 11ème, pas loin du précédent (à 2 tours, peut-être ceux qui ne m’ont pas été comptés, mais ce n’est pas grave).
Au final, ce Téléthon aura été une bonne surprise pour moi : je suis content d’avoir réussi à m’arracher sur la fin pour aller chercher cette marque, quand même lointaine de mon record (14km), content qu’avec mon frère on se soit bien rôdés pour le Portet, content d’avoir revu plein de copains. Sur ce genre de course, on a vraiment l'impression de faire partie d'une grande famille.

à+L.A.******€*
8 TG + 1 TEFR :

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